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pastiches AMANT M.Duras

L'AMANT DE MARGUERITE DURAS


En classe de Première L et ES, en 2001 , il avait été proposé aux élèves d'écrire un pastiche d'un extrait de L'AMANT  de Marguerite Duras, après son étude en classe. Il s'agissait d'imaginer  "la rencontre du bac",  avec le professeur de Lettres, inconnu , qui allait les interroger à l'oral de l'Epreuve Anticipée de Français en novembre de cette année-là. Un pacte avait été ensuite conclu: qu'ils écrivent la rencontre réelle après l'épreuve. Certains ont tenu parole...

Le texte écrit avant l'épreuve peut être consulté à l'adresse ci-dessous:

http://le-tatu.com/INDEX.HTM




texte original (la rencontre sur le bac)



L'homme élégant est descendu de la limousine, il fume une cigarette anglaise. Il regarde la jeune fille au feutre d'homme et aux chaussures d'or. II vient vers elle lentement. C'est visible, il est intimidé. Il ne sourit pas tout d'abord. Tout d'abord il lui offre une cigarette. Sa main tremble. Il y a cette différence de race, il n'est pas blanc, il doit la surmonter, c'est pourquoi il tremble. Elle lui dit qu'elle ne fume pas, non merci. Elle ne dit rien d'autre, elle ne lui dit pas laissez-moi tranquille. Alors il a moins peur. Alors il lui dit qu'il croit rêver. Elle ne répond pas. Ce n'est pas la peine qu'elle réponde, que répondrait-elle. Elle attend. Alors il le lui demande: mais d'où venez-vous ? Elle dit qu'elle est la fille de l'institutrice de l'école de filles de Sadec. Il réfléchit et puis il dit qu'il a entendu parler de cette dame, sa mère, de son manque de chance avec cette concession qu'elle aurait achetée au Cambodge, c'est bien ça n'est-ce pas? Oui c'est ça.    Il répète que c'est tout à fait extraordinaire de la voir sur ce bac. Si tôt le matin, une jeune fille belle comme elle l'est, vous ne vous rendez pas compte, c'est très inattendu, une jeune fille blanche dans un car indigène.
Il lui dit que le chapeau lui va bien, très bien même, que c'est... original... un chapeau d'homme, pourquoi pas? elle est si jolie, elle peut  tout se permettre.
 


 PASTICHES  La rencontre du bac

LISTE DES AUTEURS:

Virginia Stoneck T L
Anna Poydenot T ES

Sergio Lepratti  T ES


     La scène se passe à Montevideo, le jour du Bac oral de français. Une jeune fille uruguayenne s'apprête à entrer dans la salle 203, à la fin du long couloir. Là, elle est abordée par une examinatrice étrangère.

 

     La jeune femme est sortie de la petite classe, elle appelle l'élève par son nom. Elle lui dit bonjour et elle s'assoit derrière son bureau. La fille bouge lentement. C'est visible, elle n'a pas confiance en elle. Elle ne s'assoit pas tout d'abord. Tout d'abord elle la salue. Sa voix va se casser. Il y a cette odeur dans la classe, comme de sueur, et de parfums, c'est pourquoi elle ne peut pas respirer. L'examinatrice lui donne le texte, tiens prépare celui-ci. Elle ne dit rien d'autre, elle se dirige vers l'autre élève. Alors la fille a moins peur. Alors elle pense que la voix de l'examinatrice n'est pas si intimidante que ça. Elle regarde le texte. Ce n'est même pas la peine qu'elle le lise, elle le connaît par coeur. Elle pense. Alors elle angoisse: pourrais-je avoir tout oublié? Elle se dit que ce n'est pas possible et elle commence à brûler ses neurones. Elle se sent déconcentrée et en plus elle écoute attentivement ce que raconte la fille d' à côté, sa camarade, sur un autre texte, Salomé, c'est intéressant ce qu'elle dit...Non, c'est pas intéressant, concentre-toi.

     Elle commence enfin à souligner quelques phrases de son texte, un texte qu'elle a bien étudié. Il fait si chaud dans cette boîte, la femme ne se rend pas compte, il n'y a pas d'air, qu'elle ouvre la fenêtre!

     La femme dit à la fille que son temps de préparation est fini, c' est pas vrai...déjà? Elle a quand même travaillé assez pour s'en sortir, et parler de ce que l'on sait n'est pas si difficile que ça.

 

                 Virginia Stonek , Terminale L


 Cette fois, c’est pour de bon. Il est 8 heures du matin, la candidate, assez angoissée, attend l’examinatrice…

 La professeure a descendu l’escalier. Elle porte, sous le bras, une chemise volumineuse. Elle se dirige vers la porte de la salle d’examens. Elle arrive d’un pas décidé vers l’élève. Elle ne parle pas tout d’abord. Tout d’abord, elle ouvre la porte. Toutes les deux entrent dans la classe. L’examinatrice choisit le texte. Ce sera l’extrait 7 de Bel-Ami. Bien, Madame. Alors, déçue mais déterminée, la jeune fille se met au travail.

Etes-vous prête ? Elle dit que oui, et puis, de toute façon, cela fait déjà vingt minutes. Allez-y ! Elle lit le texte. Elle fait attention à bien prononcer, mais elle sait que la nervosité ne l’aide pas beaucoup. Elle se surprend elle-même du débit de son introduction; on dirait qu’elle a déjà tout dit… Au fur et à mesure qu’elle fait l’analyse, le rythme ralentit… elle cherche ses mots… Puis, elle décide de conclure.

Bien, maintenant… et c’est alors le moment des questions. Des questions plutôt difficiles. Mais maintenant, l’élève est à l’aise. Elle réussit à s’exprimer clairement, et elle répond à toutes les questions. Cela lui semble durer très  longtemps. Mais désormais, elle se sent incollable… Elle croit même apercevoir un sentiment d’approbation en face d’elle.

Finalement, ce n’était pas si impressionnant, aussi impensable ou impossible qu’elle avait pu l’imaginer. Un bon exercice pour apprendre à surmonter ses craintes et ses angoisses, pense-t-elle !

                                                 
                                                 
Anna Poydenot , T ES,  2002     


      L'élève suivant est entré dans la classe, il porte son vieux cartable. Il regarde la vieille femme aux épaules d'homme et aux yeux clairs. Il vient vers elle lentement. C'est visible, il est intimidé. Il ne sourit pas tout d'abord. Tout d'abord il lui donne ses feuilles. Sa main tremble. Il y a cette différence de taille, il n'est pas grand, il doit la surmonter, c'est pourquoi il tremble. Elle lui dit qu'il doit faire ça, allez-y. Elle ne dit rien d'autre, elle ne dit pas vous êtes un imbécile. Alors il a moins peur. Alors il lui dit qu'il croit rêver. Elle ne répond pas, que répondrait-elle. Elle attend. Alors il lui demande: mais qui vous croyez-vous? Elle dit qu'elle est la fille de l'institutrice de l'école de filles de Sadec. Il réfléchit et puis il dit qu'il ne veut plus entendre parler de cette dame, sa mère, qu'elle ferait très bien d'aller acheter des concessions au Cambodge, c'est bien ça n'est ce pas? Oui c'est ça.

     Il répète que c'est tout à fait extraordinaire qu'elle ait eu son Bac. Si dur le regard, une vieille femme rude comme elle l'est, vous ne vous rendez pas compte, c'est très inattendu, une vieille femme saoule dans une épreuve prestigieuse.

     Il lui dit que la cigarette lui va bien, très bien même, que c'est...terrifiant...une cigarette éteinte, pourquoi pas? Elle est si vieille, on ne peut rien prétendre. 

                  Sergio Lepratti, T ES 2002