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J'ACCUSE! LETTRE SU JEUNE JOURNALISTE AU JOURNAL COMBAT

Le jeune journaliste au regard intense qui assiste au procès de Meursault est indigné par la façon dont celui-ci s'est déroulé et par la sentence. Il écrit un article intitulé "J'accuse!" pour essayer d'obtenir la révision du procès de Meursault.


auteurs:

Enric Sanmartí
Béatrice Neyrac
Nuria Muñoz
Edouard Haumont


                            COMBAT           Mardi 13 Août 1936

 

 

 

J’accuse !         par Emmanuel Zoé

 

 


 

 

              J’accuse la manière dont s’est déroulé un procès, la semaine dernière, à Alger, où un homme a été condamné à mort pour un meurtre. J’accuse donc le juge, les magistrats, le procureur, et aussi, les journalistes.

            Tout d’abord, j’accuse les magistrats et le juge. La personne en question a été condamnée à mort sans qu’il existe des preuves cohérentes qui démontrent qu’elle soit coupable. Comment savoir si cette personne a prémédité son crime ou s’il s’agit d’un acte irréfléchi? On n’est pas toujours coupable lorsque l’on tue quelqu’un; on est innocent jusqu’au moment où le contraire est démontré. En effet, cet homme a été condamné à mort parce que, selon le procureur, “l’attitude qu’il a eue le jour de l’enterrement de sa mère est celle d’un assassin”. Il est vrai que, ce jour-là, il n’a pas paru triste à cause de la mort de sa mère, du moins, d’après le propriétaire et le concierge de l’asile de vieillards où vivait sa mère, et qu’il n’a pas exprimé de regrets après son crime, mais cela ne peut absolument pas justifier qu’il ait été condamné à mort.

 

 

             Puis, on n’a pas laissé intervenir l’accusé, qui, selon moi, devrait lui aussi s’exprimer dans son propre procès. En fait, le jugement n’a été qu’une discussion entre l’avocat et le procureur, ce qui faisait que cela ressemblât plus à un débat politique entre deux candidats à la présidence, exposant chacun ses arguments, qu’à un vrai jugement.

 

 

           De plus, on n’a pas non plus laissé intervenir les témoins de la défense, contrairement à ceux de l’accusation. On pouvait observer parfaitement une certaine partialité du juge. Ce facteur, seulement, peut avoir fait que la balance s’inclinât vers un des deux côtés, celui de l’accusation, malgré l’avocat, ayant fait un grand discours qui finalement n’a servi à rien.

 

 

 

           Finalement, j’accuse mes compagnons journalistes d’écrire sans même essayer de comprendre ce qu’ils entendent, juste pour que la une attire les lecteurs, et de ne pas réagir devant ces injustices, c’est-à-dire, en fait, d’être immoraux. Messieurs, la justice n’est pas un jeu ! Il faut la prendre un peu plus au sérieux pour qu’elle soit meilleure dans l’avenir.

 

          Pour conclure, cet homme a été condamné pourr son attitude lors de l’enterrement de sa mère. Définitivement, j’accuse la justice de ce pays. Personnellement, je crois que l’accusé a été condamné pour ne pas avoir respecté certaines moeurs de la société.

 

 

          C’est pour cela que je demande la révision de ce procès.


 


                                                                                                                           Enric Sanmartí, 2d 6

 



J'ACCUSE!

 

 

 

 

 

 

 

Demain, un homme sera éxécuté. Ce jour-là, l’aube se teindra de sang..

 Monsieur Meursault a été arrêté l’été dernier. Un an plus tard, il est jugé et condamné à mort.

 

 

 La sentence est claire: il a tué un homme.

 

 

 Mais a-t-il été condamné pour son meurtre, ou “parce qu’il n’a pas joué le jeu”?

Le procès a eu lieu en été, un jour d’extrême chaleur, pendant une période où vous le savez tous bien, les nouvelles sont rares. Il y a peu de sujets importants. De ce fait, c’est une pratique commune aux journaux de donner de l’importance au premier fait intéressant qui se présente, faisant ainsi que l’affaire acquière plus d’importance que celle qu’elle a vraiment.

 

 

 

 

 

 

 Il faudrait aussi remarquer, que pour donner de l’intéret à l’affaire les journalistes utilisent des critères subjectifs pour analyser l’affaire

 

 

 La plupart sont centrés sur l’accusé: son aspect, son comportement, sa façon de parler…

 

 

 Ils créent ainsi un personnage fictice à leur goût, distant du vrai accusé. Tout cela pour avoir un sujet polémique qui ne montre pas forcément la réalité, mais qui permette de vendre.

On voit ainsi, que selon leur bon vouloir dans le procès de Meursault, les journalistes ont un monstre cruel, sans sentiments.

 

 

 

 

 Ces faits, qui ont eu une influence sur l’opinion publique ont été décisifs pour le résultat de son procès.

 

 

 Ensuite, on remarque que l’accusation s’écarte du meurtre et reste vague pendant le procès. Monsieur Meursault est soupçonné d’avoir tué un arabe. Une victime pourtant ignorée, dont on ne connaît même pas le nom. Le procès s’est vraiment déroulé pour rendre justice à la victime? On ne sait pas, puisque les questions référentes au crime sont insignifiantes face à celles référentes au comportement et à la mentalité de l’accusé. Celui-ci est longuement analysé, non seulement à cause de son attitude pendant le crime, mais aussi pour celle avec laquelle il mène sa vie.

 

 

 

 

 On donne une importance capitale au comportement de l’accusé à l’enterrement de sa mère.

 

 

 A l’enterrement de sa mère – selon le procureur – il a fait preuve d’insensibilité et il n’a pas pleuré. En effet, c'est l’une des accusations les plus utilisées par le procureur et les journalistes : l’accusé est froid, il n’a pas de cœur ni de sentiments. C’est l’accusation définitive, celle pour laquelle Mr. Meursault va être éxécuté.

 

 

 On peut voir que les témoins de l’accusation sont seulement des témoins de l’enterrement. Seulement par le choix des témoins de l’accusation on voit qu’on ne va pas juger Meursault à cause de son crime.

 

 

 On condamne Monsieur Meursault pour son comportement, parce qu’il ne suit pas les mœurs de la société, pour “avoir entéeré sa mère avec un cœur d’assassin”.

 

 

 En dernier, on analysera la grande organisation qui règne pendant le procès. On ne rencontre aucun contretemps ni aucune difficulté. Il semble que tout est prévu, les dialogues écrits. On dirait en effet une grande pièce de théâtre interprétée par de mauvais acteurs.

 

 

 

 

 Regardons en arrière. Vous rappellez-vous d’avoir entendu l’accusé se prononcer? Non, en effet on ne lui a posé que des questions formelles. Après cela, il est resté spectateur de son propre procès, sans pouvoir intervenir, voyant comment on le traite d’insensible, de personne “au cœur d’assassin”.

 

 

Les rôles du procureur et de l’avocat semblent aussi joués. Comme si leurs “disputes” étaient jouées, les désaccords ne menant nulle part. Leurs discussions semblent même forcées. Les témoins de la défense ne sont pas pris en compte. Ce qui compte vraiment, c’est les conclusions qu’en tirent le procureur et l’avocat de Meursault (la plupart d’entre elles sont subjectives) et les critiques qu’ils présentent.

 

 

 Vous pouvez voir que ce procès ressemble à une comédie, il se passe dans un climat artificiel.

 

 

L’affaire est déjà montée, et ce qui est le plus impactant, les scénaristes connaissent la “fin”.

 

 

 Pour conclure, je fais appel à votre opinion personelle, chers lecteurs. Monsieur Meursault est-il vraiment coupable? Est-il vraiment condamné pour son crime ou parce qu’il n’est pas d’accord avec les moeurs de la société? Demandons nous s’il n’est pas vraiment condamné pour ne pas avoir pleuré à l’enterrement de sa mère.

 

 

 

 

Posez-vous ces questions et demandez-vous si ce procès ne devrait pas être révisé.

 

 

Prenez en compte les arguments que je vous propose:

 

 

Le fait que l’affaire ait été gonflée par les journalistes. Le fait que le profil de l’accusé et les faits soient totalement subjectifs.

 

 

Le fait que le procès ait été monté, que ceux qui l’avaient écrit et organisé savaient, et VOULAIENT qu’il se termine ainsi: qu’un homme qui ne rentre pas dans les mesures de ce que la société attend de lui soit condamné, parce que ses différences gênent.

 

 

 

 

 

J’accuse la société elle-même de condamner un homme étranger à elle à cause de ses différences.

 Et en ce moment je vous demande, je demande au peuple de se lever et de prendre son destin en main, de décider si  l'on va condamner quelqu’un parce qu’il est différent à lui, étranger.

 

 

 C’est à vous de décider...

 

 



                                                                                             Béatrice Neyrac, 2d 


 

 

 

 

                                                                                                                                      Alger, 28 juin 1950

 

J’accuse!

Hier, la justice a condamné à mort un homme, un homme appelé Meursault. Et maintenant vous serez en train de vous demander: “Qu’a-t-il fait ,cet homme , pour avoir avoir été condamné à mort?”. Je vais vous répondre: il a bu du café, il a fumé une cigarette et il n’a pas pleuré le jour de l’enterrement de sa mère. Il a aussi tué un homme mais ça n’a pas eu l’air aussi important lors du procès.

 

Sur une plage près d’Alger, Meursault a tué un Arabe. Sans aucune raison apparente et avec le revolver d’un de ses amis dans la poche, il s’est dirigé vers une source où il a rencontré, par hasard, l’Arabe. Ce dernier lui a montré son couteau et Meursault a réagi en tirant sur lui. Jusque là, dans un procès normal, Meursault aurait été accusé d’assassinat et condamné à plusieurs années de prison.

Mais si on sait que cet homme est un insensible, la chose change, messieurs!

 

Cet homme a eu la mauvaise chance que sa mère soit morte quelques semaines avant la rencontre avec l’Arabe.

Pendant qu’il veillait sa mère dans l’asile où elle résidait, le concierge lui a offert du café au lait, Meursault l’a accepté et, à son tour, il a offert une cigarette au concierge. Est-ce que ce n’est pas compréhensible qu’il voulut boire du café pour s’empêcher de dormir et qu’il eut envie de fumer quand sa vie venait d’être bouleversée? Selon le procureur, c’est faire preuve d’insensibilité, et, si on est si peu sensible devant le cadavre de sa propre mère, c’est normal qu’après on tire quatre fois sur quelqu’un. Donc, on l’a condamné à mort.

 

Mais moi je me demande: est-ce qu’on peut appeler ça justice? Est-ce que la justice ne devrait pas être pareille pour tout le monde? Alors, pourquoi est-ce qu’on ne demande pas à chaque assassin s’il a pleuré le jour de l’enterrement de sa mère, de son père ou de son chat, et s’il a bu du café ce jour-là? On devrait alors changer les lois, n’est-ce pas? “Si quelqu’un tue un homme et”, attention, “s'il ne pleure pas à l’enterrement d’un de ses proches, il sera automatiquement condamné à mort.”

 

Avec cet article je ne prétends pas dire que Meursault est innocent, mais je dénonce un procès qui, à mon avis, est absurde et ridicule, donc je demande la révision du procès pour que Meursault ne soit pas jugé à cause de ses aactes, mais à cause de son crime.

 

 
                                                                                                                                                                 Nuria   MUÑOZ , 2d 6


            J'ACCUSE!

             Toute la vérité sur le procès de Meursault

             

             Après onze mois d' instruction vient enfin le procès. On ne demande pas à Meursault de se présenter, on lui dit qui il est. La justice paraît ignorer le principal interessé.

Les témoins défilent ( Marie, Salamano, Raymond, Celeste...) mais ils dérangent. Le procureur les écoute à peine, car ils ne disent pas ce que lui aimerait entendre. Leurs témoignages se retournent, à leur insu, contre Meursault. Toutes les nuances, qui ont une importance capitale, sont ignorées par le procureur.

          Oui, il y a de quoi se poser des questions sur ce procès...

          On ne peut parler que si on va dans le sens de ce que le tribunal pense de l'affaire. Et le   tribunal a déjà conclu l'affaire avant même que le procès commence. Dès le  début il y a un parti pris contre l'accusé. Tout est faussé... et on parle de justice!

Meursault finit par être coupable de ne pas avoir pleuré à la mort de  sa mère, d'être un marginal, étranger à la société. On en oublie la raison principale du  procès, la mort d'un arabe.

            Même mes collègues se sont pris au piége. Ils se sont rués sur la seule affaire de l'été, le scoop du mois de juin. Sans s'en rendre compte (honte à eux ) ils ont envenimé ce procès, ce procès de l'à-peu-près.

 

            Aujourd'hui, vu les conditions scandaleuses du déroulement de ce procès, j'en demande la révision.

 

                       

                                                                                                                                                     Edouard Haumont, 2d 6, Barcelone, 2007