Mi homepage

JOURNAL DE LA PETITE AUTOMATE

JOURNAL DE LA PETITE AUTOMATE

il s'agissait d'inventer ce qu'aurait pu écrire  "la petite automate", la petite femme "bizarre" rencontrée par Meursault chez Céleste  et qui assiste au procès à côté de celui-ci.

 


AUTEURS:
Alejandro de Lara
Julia Ortega
Bastien Roll
Guillermo Chaves




17 juin 1939

 

 

 

      Aujourd’hui, j’ai assisté au procès de Meursault, un homme que j’avais rencontré chez Céleste, il y a exactement onze mois, une semaine et un jour.

      Le procès a eu lieu ce matin au Palais de Justice. La salle était pleine et il y avait beaucoup de journalistes. Il y avait trois juges qui étaient situés à la tribune de la salle. Il faisait très chaud. Le procureur a commencé à parler du crime et de Meursault. J’observais Meursault. Il avait l’air de ne pas s’intéresser à ce que disait le procureur. Il n’était pas préoccupé. Après des témoins ont défilé et ont été interrogés.Mon ami, Céleste était l’un des témoins. Céleste a défendu Meursault et  a insisté sur son innocence. Le procès était émouvant car il y avait beaucoup de tension dans les visages des gens. Pour moi, cet homme n’avait pas l’air d’un criminel, et encore moins après avoir écouté le point de vue de Céleste. La séance s’est finie.
     Je suis revenue l’après- midi et le procès a continué. Le procureur a interrogé Meursault sur ses sentiments. A mon avis, ce n’était pas normal car chacun a des sentiments différents. A la fin, ils l’ont condamné. La salle est restée pétrifiée. J’étais triste. Sa compagne et Céleste ont commencé à pleurer. Le procès s’est clos. Les gens silencieux abandonnaient la salle.
    Je suis allée consoler Céleste qui était avec la maîtresse de Meursault.

Je me rappelle du jour de notre rencontre. C’était un samedi chez Céleste. Quand je suis entrée, j’ai vu ma table habituelle occupée. C’est alors que j’ai demandé à Meursault la permission de m’asseoir à côté de lui. Il a accepté. Nous ne nous ne sommes rien dit pendant tout le déjeuner. Ce n’était pas la première fois que je le voyais.  Il me regardait d’une manière bizarre  et faisait attention à mes gestes. J’ai coché mes programmes radiophoniques de la semaine. Ce jour là, j´étais pressée. Je devais programmer mes activités de la semaine. Enfin, je suis partie sans rien lui dire.

    Je suis allée au procès pour une simple raison : un soir lors de mon dîner habituel chez Céleste, il m'a raconté les événemen ts et, effectivement, Meursault était innocent. Hier, j’ai entendu à la radio qu’aujourd’hui aurait lieu le procès Comme c’était l’été et que je n’avais rien à faire, j’ai décidé d’y aller par curiosité.

     Enfin, je crois que Meursault était innocent. Le soir du premier jour du procès, je suis allée diner chez Céleste, comme d’habitude. Mais, pour la première fois iMeursault n’y était pas. Personne ne croyait qu’il allait mourir. Pour moi, il devrait passer un certain temps en prison au lieu d’être exécuté. Je ne sais pas si j’irai voir son exécution car je suis allée une fois et je n’ai pas pu dormir pendant une semaine à cause de l’horreur. J’espère qu’il profitera de ses dernières heures de vie.  

 
                                          Alejandro De Lara, 2d 7

 


 


Alger, le 24 juillet 1941

 

 

    Tu ne pourrais jamais croire où je suis maintenant : au procès de Meursault. Tu te demanderas, un procès ? Meursault ? Et oui, un procès et Meursault. Je ne le connais pas du tout, je l’ai vu une fois seulement et je sais son nom car j’ai entendu Céleste l’appeler juste quand il sortait par la porte. Cet homme m’a vraiment impressionné. Moi, qui suis une personne nerveuse, impatiente par rapport à cet homme qui paraissait si tranquille, si passif, si calme. C’est ça qui m’a choquée. Chez Céleste, je me suis assise à côté de lui et, cependant, je n’ai même pas parlé avec lui. Je savais qu’il m’observait, et c’est vraiment pour ça que je n’ai pas levé les yeux. C’était agréable qu’il me regarde ainsi. Quand je suis sorti de chez Céleste, j’ai remarqué sa présence, derrière moi. Puis, tout d’un coup, il a disparu ; je voulais en savoir plus.

    Que je sois ici, c’est un hasard, enfin, pas tout à fait. Ce matin, en passant par la mairie, j’ai vu un homme qui courait vers une jeune femme assez jolie et il criait : « Ça commence, ça commence, Meursault est déjà assis sur le banc des accusés ! » À ce moment, je me suis arrêtée brusquement. Ça faisait déjà longtemps que j’avais oublié cette rencontre chez Céleste. Mais, curieusement, en entendant son nom, voilà que tous mes souvenirs me sont revenus. Je me souvenais de tout : cet homme mystérieux était à nouveau dans mes pensées. J’ai commencé à courir vers la salle d’audience et je suis entrée. Il n’y avait que Meursault et son avocat. Soudain, je me suis retrouvée avec les joues en feu. Voilà l’avocat et Meursault qui me regardaient vraiment surpris. J’ai alors demandé si le procès était déjà fini. L’avocat m’a répondu que non, et que je pouvais m’asseoir, qu’ils allaient commencer tout de suite. Je me suis assise. Deux minutes plus tard, les portes se sont ouvertes et une masse de personnes est entrée.

    Je ne connaissais personne et j’ai pensé fuir de cette salle et  oublier Meursault. Mais, a curiosité m’en a empêchée. Pourquoi était-il assis sur le banc des accusés ? Et puis, c’était une occasion pour connaître qui il était réellement.

    Il y avait quelque chose en lui qui m’émerveillait. Après avoir raconté les faits qui m’avaient amenée là, je vais raconter où nous en sommes : le jury s’est retiré pour débattre. Meursault est coupable d’assassinat. C’est incroyable, mais d’une manière ou d’une autre, ça ne m’a pas surpris. Et, je ne sais ni comment ni pourquoi, cela l’a rendu  plus intéressant.

A présent, je crois que tout le monde me regarde. Je suis là, à écrire dans mon journal à une vitesse absolument incontrôlable et à murmurer des choses que je n’arrive même pas moi-même à comprendre. Je dois te laisser, le jury est apparu.

 

                                           Deux heures sont passées. On le condamne à mort. Mais je ne suis pas triste. Je rentre chez moi. C’est fini, tout est fini. À demain.

JULIA ORTEGA,, 2 7

 


  Mardi 20 juillet

 
   C’était décidé, je partirais dans une demi-heure afin de me rendre au procès de Mr. Meursault. Il me fallait dix minutes pour y arriver, j’étais dans les temps, j’avais pris du pain et un fruit au cas où on nous laisserait le temps de manger.
   Quarante-cinq minutes plus tard, j y étais.
   Je me suis assise dans les derniers bancs, près de la porte d’entrée, il y faisait plus frais. En attendant l’arrivée de l’accusé, j’ai compté le nombre de personnes présentes dans la salle, il y en avait trente-deux, cela me parut beaucoup. Sept minutes plus tard, tout le monde était prêt à commencer. J’ai intercepté le regard de l’accusé qui avait l’air étonné de me voir, il devait me trouver bizarre et d’ailleurs je le trouvais bizarre aussi. C´est l’une des raisons pour lesquelles j’assistais à ce procès. Au fond,je sentais une certaine ressemblance entre cet homme et moi. Je m’y identifiais.
   Le procès a commencé, l’accusé était assis derrière son avocat qui défendait vivement son client qui lui, n’ y prêtait pas grande attention. La seule fenêtre de la salle se trouvait juste derrière moi et un rayon de soleil frappait de plein fouet la figure de Meursault. Il avait d’ailleurs l’air gêné par cette lumière, des gouttes de sueur ruisselaient sur son front. Il bougeait sans cesse la tête comme pour se débattre de ce soleil qui ne le lâchait pas. Comme la fenêtre était placée derrière moi, le rayon suivait exactement la trajectoire de mon regard. J’ai pensé alors que c’était peut être mon regard qui le dérangeait. De temps en temps, je regardais autour de moi, les gens avaient l’air intéressé par la scène opposant l’avocat et le procureur.
   Moi, cela ne m’intéressait pas beaucoup en fait. Que l’accusé soit condamné ou pas, cela m’était égal.
   Après une petite pause où j’ai eu tout juste le temps d’engloutir mon casse-croûte, le procès en est arrivé à l’audition des témoins. J’ai reconnu Céleste qui tenait le bistrot où j’avais croisé Mr Meursault.  Il portait la même chemise que ce jour là. J’ai observé qu’il avait chaud, il avait déboutonné les trois premiers boutons de sa chemise qui avait d’ailleurs une tache sur la manche gauche. Meursault, lui, semblait s’intéresser de temps à autre à son cas. Il essayait parfois d’intervenir mais son avocat l’en empêchait. Nous étions toujours trente-deux spectateurs dans la salle. Alors la sentence a été prononcée: condamnation à mort. Il y a eu du mouvement dans la salle. Il y avait de la joie et de la tristesse. Par contre l’accusé ne bougeait pas. On aurait dit un spectateur assis confortablement sur son siège au cinéma qui regarde un film ennuyeux. C’est à ce moment-là que j’ai compris pourquoi ce spectateur avait été condamné. Pas pour son meurtre, mais parce qu’il ne se prêtait pas au jeu de la vie. Il vivait, tout simplement. Il ne faisait qu’accomplir son devoir d’être humain : vivre. Il vivait au dessus de tout ce que nous en tant qu’hommes nous nous sommes imposés. C’était un enfant qui refusait de s’asseoir avec ses camarades autour de la table de jeux. C’était tout simplement un spectateur dans un monde d’acteurs, un étranger.

 
                                                   Bastien Roll, 2d 7


Vendredi 9 juillet 1933

 

Aujourd’hui j’ai assisté au procès de l’homme dont je t’avais parlé. Il était entièrement vêtu en orange et il était assis sur une chaise, à côté du juge. La plupart des assistants  n’avaient pas l’air contents de lui. Mais moi j’étais de son côté. Il y avait deux hommes qui n’arrêtaient pas de lui poser des questions. Soudain, le juge a demandé à ce qu’il se retire, car le jury allait déterminer la peine. Une douzaine de gendarmes armés jusqu’aux dents sont entrés le chercher, puis je l’ai perdu de vue. Les membres du jury discutaient entre eux sans arrêt : ils semblaient être en désaccord. Les assistants comme moi, sommes restés assis dans la salle. J’étais nerveuse, la possible peine de mort de Meursault me préoccupait. Un certain temps après, une sonnerie annonçait quelque chose, et le brouhaha de la salle s’est arrêté. Meursault est revenu dans la salle. Il s’est assis au même endroit que précédemment. Ensuite, un membre du jury a donné sa décision au juge. Puis le juge a annoncé le verdict : on allait lui trancher la tête sur une place publique au nom du peuple français. A ce moment-là, tous mes espoirs se sont effondrés. Je suis sortie tout de suite, déçue. Je me suis rappelée ensuite du jour où je l’avais connu. Il était assis à la terrasse de café de chez Céleste. Je lui avais demandé la permission de m’asseoir à côté lui. D’un sourire, il avait acquiescé. Je ne pouvais pas m’empêcher de le regarder. Je me suis demandée s’il avait une compagne. J’allais le lui demander mais soudain, j’ai été prise par la honte et j’ai paniqué. Je suis partie en courant. Voilà pourquoi aujourd’hui je suis allée au procès pour lui reposer la question. J’allais laisser de côté ma honte, et prendre tout mon espoir. Mais un simple meurtre m’avait condamnée.

                 Guillermo Chaves, 2d 7, Barcelone, 2007