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à Monsieur Emile Zola : lettre sur Germinal

14 Avril 2008

 

Monsieur Zola,

 

Je suis une lectrice qui a lu votre œuvre Germinal, tome XIII de votre série des « Rougon-Macquart ». C’est une œuvre légèrement longue mais qui n’est pas du tout ennuyeuse, tout au contraire : il y a une quantité importante de personnages, tous différents.

J’ai bien compris que vous vouliez nous faire comprendre la grande misère et pauvreté que la classe ouvrière souffrait et souffre encore de nos jours.

Vous êtes un des seuls auteurs à s’être renseigné sur ce qu’il allait écrire : vous avez dessiné des plans des mines, vous avez vu comment était le quotidien des ouvriers et puis vous avez compris ce qu’ils ressentent.

Peut-être que les personnes qui ne vivent pas cette situation par eux-mêmes, croiront que vous exagérez et que vous faites un portrait de la société ouvrière trop « noir ». Je pense que vous avez raison en disant que vous avez « atténué » leur situation. Même sans vous en rendre compte,  comme vous n’avez pas vécu jour à jour une situation de misère totale avec des conditions de travail horribles, je crois que vous n’avez pas exprimé cette douleur si affreuse que tous les ouvriers ressentent. Seulement eux connaissent cette douleur, ce sont les seuls qui savent ce que c’est de survivre. Les Maheu encore ne sont pas un cas extrême, puisque c’est la famille exemplaire. Or dans le cas de M. Hennebeau,  directeur des mines, il vit aisément, sans trop souffrir.
J’ai bien fait attention lors des repas des différents personnages. J’ai décidé de les diviser en deux catégories : ceux qui vivent et ceux qui subsistent. Dans la première catégorie, je mettrais toute la bourgeoisie de haut niveau : ils mangent des écrevisses, du faisan et de la brioche. Je peux mettre comme exemple, le repas des Grégoire avec M. Hennebeau, son épouse et Paul. Puis la deuxième catégorie, de mettrais la classe ouvrière. Les Maheu mangent du pain, de la soupe et beaucoup d’ognons. Quand je m’imagine en vivant ainsi, je me demande si je vivrais longtemps.

Je voudrais parler aussi des maisons : M. Hennebeau, M. Grégoire et M. Deneulin ont tous les trois des maisons gigantesques, ils ont des chevaux, des servantes à leur service… Ils ont tout ce qu’ils veulent. Or les pauvres ouvriers doivent tout faire : la Maheude doit entretenir la maison, élever sept enfants, et avant, elle devait descendre à la mine. Les Maheu se lavent devant d’autres membres de la famille parce qu’il n’y a pas assez d’espace et ils doivent aussi dormir avec quelqu’un d’autre dans le lit. N’oublions pas qu’ils doivent payer le loyer.

Quand la Maheude va acheter du pain, mais elle n’a pas d’argent, me fait vraiment sentir de la pitié, mais pas pour elle, pour Maigret. Il voit qu’elle n’a pas d’argent pour son pain, mais il lui demande si elle pourrait payer avec le corps de sa fille Catherine.

Votre œuvre, M. Zola, m’a vraiment fait penser si je sentais de la pitié pour les pauvres et pour ceux qui sont riches mais pas solidaires. Je suis arrivée à me répondre : dans l’aspect physique et matériel du monde, ce sont les mineurs qui me font sentir cette pitié. Mais quand je prends l’aspect moral ou éthique, ce sont les riches qui me font sentir de la pitié.
Chaque jour, les mineurs vont travailler dans les mines à quatre heures du matin, ils risquent leur vie tous les jours. Ceci est admirable de leur part puisqu’ils le font pour un salaire misérable. Mais quand j’observe ce que font les riches, je me rends compte d’une grande injustice : ils ne font rien, ils se réveillent le matin quand ils veulent, mangent tout ce qu’ils veulent à l’heure du repas et puis ils vont se rendormir pour après se lever encore à l’heure qu’ils veulent. Les Grégoire sont riches parce qu’ils vivent des rentes de leurs grands-parents. Les Hennebeau sont riches parce qu’ils sont les directeurs des mines qui appartiennent a la Compagnie, dont son siège est à Paris.
Ce qui est vraiment injuste, c’est que les riches soient très riches et les pauvres très pauvres. Les riches ne veulent pas donner de l’argent aux pauvres, comme par exemple quand la Maheude va en demander aux Grégoire. Quand la grève éclate à cause de la diminution des salaires, les riches se frottent les mains, puisqu’ils sont en crise de surproduction. Baisser les salaires encore plus c’est comme envoyer une bombe aux mineurs et tous les exterminer. Quand Cécile Grégoire décide de donner une paire de bottes à Bonnemort, qui ne pouvait plus marcher, c’est l’idée la plus stupide de toutes. Elle devait mourir, oui, mais pour faire justice.
Finalement, je dirais que ce livre, Germinal, montre bien le contraste qu’il y a entre riches et pauvres. Merci M. Zola pour avoir dédié un bon temps de votre vie à écrire ce texte.

 

Veuillez agréer, Monsieur Zola, mes salutations distinguées.



Andrea de Miguel, 2d 3