CHEF YANOMAMI À BARCELONE 2010, 4ème
Elena Mogort
Álvaro Lucas
David Peiró
Haritz Salvadó
Júlia Ripoll
Cristina Artero
À Barcelone, jeudi 18 février 2010
De Petit Yano à Grand Mamis, dans la forêt amazonienne
Ici, tout est plus grand: la ville, les maisons et même les femmes! Au village, j’étais le plus grand. Ici, tous me regardent d’un air hautain, même les enfants! Mais je ne suis pas le seul étranger. Barcelone est comme un monde en miniature: on pourrait dire que tous les types d’hommes, de langues et de cultures se trouvent dans cette gigantesque ville. N’est-ce pas magnifique? Et puis se trouvent les hommes statues de “
Répondez vite afin d’étancher ma soif de connaissances.
Avec curiosité,
Petit Yano
Elena Mogort , 4ème5
Vendredi, 19 février 2010
Estimés amis Yanomamiens,
Je suis allé, cette dernière semaine, dans une ville que tout le monde appelait « Barselone ». Le jour où je suis arrivé, j’étais très fatigué du voyage à pied. La première chose que j’ai vue, c’est un chemin gris avec des traits blancs, au milieu. J’ai donc décidé de marcher par là. Soudain, j’ai été impressionné quand j’ai vu une sorte de cabane noire, avec des roues, qui avançait rapidement vers moi. Du coup, la personne qui était à l’intérieur fit des gros yeux et soudain, j’entendis un bruit strident et le carrosse s’arrêta devant moi. Le monsieur descendit un morceau de quelque matière transparente. Puis, il cria, sans trop articuler, avec un « hic » entre chaque mot : « Però… Hic! On basse! Hic! Qué fasse aquí? Hic ! Per poc tatroupéllou! Hic! ». Il prononça les deux derniers mots sur un ton colérique. Ensuite, la cabane roulante partit vite, en laissant une fumée noire, qui sentait plus mauvais que la fumée du bois d’érable. Imaginez!
Puis, je suis arrivé à un endroit où l’on marchait mal, car il y avait beaucoup de saletés et de choses par terre, comme des vases transparents, les uns cassés et d’autres non. Je regardais par terre et je vis un poteau qui en sortait. Il mesurait plus que moi. Au bout, il y avait une boîte jaune avec deux trous noirs et un de couleur verte, et un quatrième au dessus, qui était intermittent. Après cela, j’ai vu passer quelqu’un qui parlait seul, dans la rue, il portait une sorte de pierre noire et brillante, ou peut-être une caisse noire, je ne sais pas, mais, en tout cas, je suis sûr qu’il parlait tout seul.
Finalement, avec tant d’étonnement, le temps passa vite, et le ciel devint noir rapidement. Il fallait que je trouve un endroit où pouvoir dormir. Après quelque temps de recherche, je trouvai un endroit, sous un pont, que je trouvai agréable. Devant moi, il y avait un panneau où il y était marqué « PALAU 0,5 KM ». Tout à coup, j’entendis un bruit strident. Je me tournai et je vis une sorte de tube énorme aves deux ailes sur les côtés. Ce tube volant était en train de se détacher du sol. J’étais impressionné. De plus, mes oreilles n’en pouvaient plus.
Une fois que ce bruit sourd s’arrêta, j’en entendis un autre, ressemblant à des gens qui fuient un lion. On entendait une musique de fond : « aïm tokin tou llou » ou des phrases semblables chantées à tue-tête qui ne me laissaient pas dormir.
C’était vraiment insupportable. Je crois que « Barselone » devrait avoir moins de bruit et produire moins de fumée car l’air est irrespirable et on pourrait nettoyer les chemins.
Votre ami Yanomamien,
Kurti-Yaka-Malako-Sori
Alvaro Lucas Iranzo, 4ème 5
Barcelone, le 18 février 2010
Bonjour, chefs suprêmes,
Je vous écris cette lettre dans un grand ensemble de bâtiments immenses comme la mer et hauts comme nos arbres. Ils l’appellent «aéroport ». De là sortent de grands oiseaux en fer qui poussent des cris infernaux. Mais, moi, Yanom Imonay, grand chef de tribu des Yanomamis, j’ai pris un de ces grands oiseaux et j’ai réussi à le dominer.
J’ai trouvé assez particulière la manière dont les gens s’habillent et marchent. Ils ont tous le regard perdu. Leurs oreilles sont parfois reliées par des câbles à d’étranges appareils producteurs de lumière. Quand à leurs vêtements, on dirait que leur peau ne peut pas voir le soleil. Ils recouvrent tout leur corps, il y en a même qui couvrent leurs mains.
J’ai beaucoup cherché et j’ai aussi trouvé beaucoup de personnes intéressantes et de lieux excitants mais je n’ai pas trouvé de forêt comme la nôtre, ni même plus petite.
Yanom Imonay
David Peiró 4ème 5
Après m'être calmé, Joan (c'était le nom de mon guide qui comme tout ici devait être étrange) m'a conduit à une petite caverne où on échangeait de la peau avec des petites pièces que les gens collectionnaient. Il y en avait de couleurs argentées, de couleur marron, des grandes, des petites, et les habitants de ce pays semblaient avoir un désir spécial d'avoir beaucoup de ces pièces.
Je pense que cette nuit là a été celle où j'ai dormi le mieux dans toute ma vie. Seulement comparer les choses où dorment ces gens au dur et humide sol où nous passons la nuit… J'ai pensé qu'il faut en apporter deux ou trois pour la tribu. Un autre jour dans la grande ville, mon guide a décidé d'aller se promener sur "las Ramblas" où juste arrivé on peut observer que cette rue est TOUTE PLEINE DE TOURISTES!!! Je n'ai pas osé parcourir cette jungle de personnes et on a traversé la rue sur les latéraux. Ceci ne m'a pas empêché de voir de nombreuses boutiques où j'ai vu qu’on gardait des animaux dans des espèces de boites métalliques; je n'ai pas compris ceci. J'ai aussi observé que quelques personnes restaient à regarder des gens avec la peau coloriée qui, après avoir reçu une pièce du public, commençaient à faire des singeries et des choses étranges. Plus tard on a visité un lieu plein de poissons mais il y a une chose qui, comme tout dans cette ville, m'a semblé très étrange: tous ces poissons étaient en dehors de la mer! J'ai continué à observer ces espèces qu'on n’arrive jamais à voir dans la forêt amazonienne.
La nuit après ce jour j'ai sursauté en entendant des espèces de coups secs qui faisaient un bruit terrible. Le lendemain matin Joan m'a raconté que ces explosions n'étaient que des pétards que les gens faisaient exploser chaque année pour célébrer une fête qui s'appelle « Sant Jordi ».
Il ne reste plus que deux jours pour mon retour et je pense que j'arriverai avant la lettre mais quand elle tombera dans la boite à lettre du village on aura quand même un souvenir de la vie des autres personnes, ceux qui vivent dans des grandes constructions, qui se déplacent dans des monstres qui avalent les gens et qui vivent tous dans une ville très différente à la nôtre.
Haritz Salvadó, 4ème 5
Barcelona, 1 janvier 2010
Grand Ours blanc à Loune et aux autres anciens de la tribu,
Chers anciens de la tribu,
Je me suis bien installé à Barcelone, et j’ai commencé à la visiter.
Pour les Barcelonais, la nature n’existe pas. Ils méprisent les arbres, même les plus vieux et sages, en les coupant, en les tuant. Je pense que quand vous lirez ma lettre les Barcelonais ne trouveront plus rien à couper, il n’y aura pas une seule racine d’arbre. Je ne le comprends point. Ici, la seule chose que j’ai vue c’est des énormes montagnes plutôt étranges construites avec un matériel que je n’aurai jamais su trouver. Selon eux, ce sont des maisons, pour y vivre. Vous imaginez ? Vivre dans d’énormes blocs peints, sans végétation ? Ça serait absurde.
Revenant à mes découvertes, j’ai entendu parler d’un « supermarché ». Selon les Barcelonais, on y trouve à manger. Tous les aliments sont enveloppés par une sorte de protection transparente qu’ils appellent plastique. Personnellement, ça me dégoûte. Les seuls aliments qui m’ont semblé naturels ont été les fruits.
Une de ces journées, j’ai découvert une tradition des espagnols qui m’a plutôt surpris. Ces jours ils célébraient une fête nommée Noël. La légende de cette fête est la suivante : un vieux monsieur appelé Père Noël apporte le jour de Noël des cadeaux aux petits enfants s’ils se comportent correctement. Mais ce n’est point cela qui m’a surpris !
Tous les pays ont des cultures et traditions différentes, donc, c’est tout à fait normal. Ce qui m’a surpris c’est que les parents des petits enfants rentraient dans des énormes magasins pleins de jouets étranges en plastique, le matériel dont je vous ai parlé.
Ils ne fabriquent pas eux-mêmes ces jouets. Ils vont simplement les acheter, sans se déranger. Nous, nous sommes si différents… Nous, nous fabriquons des jouets avec de la peau des animaux, ou avec des bâtons… En plus les enfants espagnols demandent tout. Ils crient et pleurent si leurs parents ne leur achètent pas ce qu’ils désirent.
Ah, mais tout ça, les aliments, les jouets… ce n’est pas gratuit ! Avec une anecdote vous aller le comprendre mieux. Un matin, lorsque je me promenais dans un parc, une espèce de bois fermé, j’ai aperçu un homme en train de courir avec un sac plein de papiers de couleurs. Il est passé tout près de moi, et j’ai vu que ces papiers portaient des numéros écrits. Une femme courait derrière l’homme, en criant. Il lui avait volé « l’argent ». Les Espagnols, et d’ailleurs, tous les Européens, que je sache, paient les aliments et les jouets avec de l’argent. Avec des monnaies ou des billets. Les monnaies sont des petites pierres en fer et les billets des papiers avec des numéros écrits dessus. Et pour eux, c’est la meilleure chose du monde.
La manière des Barcelonais de se déplacer c’est avec des caisses avec des roues qui avancent très rapidement. Ceci vous paraîtra peut-être pratique, mais, même si c’est un bon moyen pour se déplacer, il ne l’est pas pour respirer. Dans l’air on ne sent pas l’air frais de notre forêt, mais une étrange fumée qui, arrivée à mes poumons, me fait tousser.
Je n’ai pas su se que cela était mais je suis convaincu d’une seule chose : cette fumée n’est bonne ni pour l’environnement ni pour la santé.
Nous, de la tribu des Yanomamis, respectons mère nature, tout au contraire d’eux. Les espagnols se croient supérieurs à nous. En technologie oui, mais pas en respect envers l’environnement.
Ces hommes et femmes qui nous considèrent peu civilisés détruisent les arbres et la nature en se détruisant eux-mêmes.
Julia Ripoll, 4ème 5
Mes chers amis Yanomamis,
J'ai l'obligation de vous raconter tout ce que j'observe de cette culture si différente ...
L'une des choses que m'a le plus surpris, c'est les dessins et perforations que ces gens se font dans sur la peau... Ne pensez pas qu'elles sont comme les nôtres, au nom de la Déesse Dehnat! Leur motif s'appelle « La Mode ». Je suis incapable de comprendre cette raison. Ce que l'on m'a dit c'est que « La Mode » varie en fonction de l'année. Mais, pourquoi varie-t-elle ? La Mode est une étoile filante pour eux, car tout est en relation avec cela : ils s'habillent en fonction de La Mode, ils écoutent de la musique en fonction de La Mode...
Dans cette ville, tout le monde est pressé. (Heureusement, cela n'est pas à cause de La Mode!) Les habitants courent dans les rues comme un lapin après une carotte. Ils courent même pour rentrer chez eux. Ils n'habitent pas dans des cabanes ! Chez eux, tout est automatique : appuyant sur « l'interrupteur » le soleil les illumine ! Quand ils ont soif, ils ouvrent le
« robinet » ! Ils ont tout ce qu'ils désirent ; ils peuvent même parler à distance avec des « portables ». Les enfants de cette société vont à l'école au lieu de travailler. L'école est un endroit où les enfants apprennent des choses inutiles. Dans quelques écoles, les enfants font des prières pour avoir de bonnes notes (on ne m'a pas expliqué ce que c'est que cela.)
À Barcelone, le plus important n'est pas d'apprendre de la nature, ni de prier pour la famille, ni de respecter la savane, ni d'être admiré pour la capacité de faire un bon feu ou un bon abri.
Mes chers amis, le « chef » de la culture européenne est la personne la plus riche, qui a un métier où on lui donne le plus d'argent et le plus de popularité. Ne changeons pas, car ces personnes qui ont autant de piercings que si elles étaient des feuilles mangées par de vers de terre, autant de tatouages que si elles étaient les totems de nos voisins indiens, marchent aussi pressées qu’un oiseau cherchant un nid pour ses œufs. Dans le futur, leur société sera démolie comme un château de sable entraîné par les vagues sur une plage.
Votre chef, avec le désir de vous revoir,
Tudeh.
Cristina Artero, 4ème 5