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CHEF YANOMAMI À BARCELONE 2010, 4ème

 AUTEURS  :  élèves de 4ème 5

Elena Mogort
Álvaro Lucas
David Peiró
Haritz Salvadó
Júlia Ripoll
Cristina Artero




       À Barcelone, jeudi 18 février 2010     

De Petit Yano à Grand Mamis, dans la forêt amazonienne

 

Ici, tout est plus grand: la ville, les maisons et même les femmes!  Au village, j’étais le plus grand.  Ici, tous me regardent d’un air hautain, même les enfants!  Mais je ne suis pas le seul étranger.  Barcelone est comme un monde en miniature: on pourrait dire que tous les types d’hommes, de langues et de cultures se trouvent dans cette gigantesque ville.  N’est-ce pas magnifique?  Et puis se trouvent les hommes statues de “La Rambla”, qui restent là immobiles à moins qu’on leur jette des petits ronds brillants qu’ils nomment “euros”.  Et puis se trouvent les splendides constructions, les “parques” où il reste encore un peu de vert, et les sculptures multicolores faites par une certaine tribu de “arquitectos” dont un s’appelait Gaudi.  Où sont-ils tous passés?  Et surtout pourquoi sont-ils partis?  Et à la tombée de la nuit, Barcelone devient illuminée par des soleils artificiels.  Je vois aussi une cascade magique appelée “Fuentes de Montjuic” qui s’illumine et un son merveilleux retentit dans l’air.  Et quand l’aurore intervient et que le soleil décide de se lever, Barcelona s’illumine d’elle-même.  Mais, émerveillé par cet aspect de la ville, je n’aperçois pas directement celui, plus sombre, qui ferait frémir de peur le plus vaillant guerrier.  Je suis toujours intrigué par la raison de leur haine envers la nature.  Barcelone est tout sauf verte.  Un homme m’a invité à visiter un centre pour déchets qu’ils nomment la “Barceloneta”.  Ils chassent aussi du gibier préparé et vont voir des animaux enfermés dans le “zoo”.  Maintenant nous savons au moins où ils emmenaient ces pauvres singes inoffensifs!  De plus, dans les rues règnent des dragons qui crachent du noir et dont le seul but est de détruire cette planète.  Apparemment et paradoxalement, ces personnes sont fières de leurs monstres, surtout les hommes.  Les enfants s’amusent en détruisant leur environnement, qu’il s’agisse de la nature ou d’une construction humaine. Personnellement, je ne trouve aucun intérêt à la destruction : pourquoi cette espèce détruit -elle au lieu de créer pour améliorer? C’est qu’ils ont déjà tout amélioré? Et leurs parents sont tellement monotones....Leur vie est se lever le matin, aller au travail, et rentrer épuisé et de mauvaise humeur après une mauvaise journée de leur point de vue. Pourquoi cette espèce ne regarde plus la nature comme le miracle qui les a créés? Au village, nous apprécions la nature, ici ils la méprisent. J’ai trouvé ici tellement de choses invraisemblables! Et ce n’est pas encore fini. S’il vous plait, expliquez-moi, vous qui êtes si sages.

 

Répondez vite afin d’étancher ma soif de connaissances.

              Avec curiosité,

                                                      Petit Yano

Elena Mogort , 4ème5

 


Vendredi, 19 février 2010

 

 

Estimés amis Yanomamiens,

            Je suis allé, cette dernière semaine, dans une ville que tout le monde appelait « Barselone ». Le jour où je suis arrivé, j’étais très fatigué du voyage à pied. La première chose que j’ai vue, c’est un chemin gris avec des traits blancs, au milieu. J’ai donc décidé de marcher par là. Soudain, j’ai été impressionné quand j’ai vu une sorte de cabane noire, avec des roues, qui avançait rapidement vers moi. Du coup, la personne qui était à l’intérieur fit des gros yeux et soudain, j’entendis un bruit strident et le carrosse s’arrêta devant moi. Le monsieur descendit un morceau de quelque matière transparente. Puis, il cria, sans trop articuler, avec un « hic » entre chaque mot : « Però… Hic!  On basse!  Hic! Qué fasse aquí?  Hic ! Per poc tatroupéllou! Hic! ». Il prononça les deux derniers mots sur un ton colérique. Ensuite, la cabane roulante partit vite, en laissant une fumée noire, qui sentait plus mauvais que la fumée du bois d’érable. Imaginez!

Puis, je suis arrivé à un endroit où l’on marchait mal, car il y avait beaucoup de saletés et de choses par terre, comme des vases transparents, les uns cassés et d’autres non. Je regardais par terre et je vis un poteau qui en sortait. Il mesurait plus que moi. Au bout, il y avait une boîte jaune avec deux trous noirs et un de couleur verte, et un quatrième au dessus, qui était intermittent. Après cela, j’ai vu passer quelqu’un qui parlait seul, dans la rue, il portait une sorte de pierre noire et brillante, ou peut-être une caisse noire, je ne sais pas, mais, en tout cas, je suis sûr qu’il parlait tout seul.

Finalement, avec tant d’étonnement, le temps passa vite, et le ciel devint noir rapidement. Il fallait que je trouve un endroit où pouvoir dormir. Après quelque temps de recherche, je trouvai un endroit, sous un pont, que je trouvai agréable. Devant moi, il y avait un panneau où il y était marqué « PALAU 0,5 KM ». Tout  à coup, j’entendis un bruit strident. Je me tournai et je vis une sorte de tube énorme aves deux ailes sur les côtés. Ce tube volant était en train de se détacher du sol. J’étais impressionné. De plus, mes oreilles n’en pouvaient plus.

Une fois que ce bruit sourd s’arrêta, j’en entendis un autre, ressemblant à des gens qui fuient un lion. On entendait une musique de fond : « aïm tokin tou llou » ou des phrases semblables chantées à tue-tête qui ne me laissaient pas dormir.

C’était vraiment insupportable. Je crois que « Barselone » devrait avoir moins de bruit et produire moins de fumée car l’air est irrespirable et on pourrait nettoyer les chemins.

Votre ami Yanomamien,

Kurti-Yaka-Malako-Sori

Alvaro Lucas Iranzo, 4ème 5

 


Barcelone, le 18 février  2010


Bonjour, chefs suprêmes,

Je vous écris cette lettre dans un grand ensemble de bâtiments immenses comme la mer et hauts comme nos arbres. Ils l’appellent «aéroport ». De là sortent de grands oiseaux en fer qui poussent des cris infernaux. Mais, moi, Yanom Imonay, grand chef de tribu des Yanomamis, j’ai pris un de ces grands oiseaux et j’ai réussi à le dominer.

 Cette semaine a été une semaine dure, vous savez, cette société est très compliquée. Une des choses les plus compliquées que cette population a, ce sont les feux, rouge, orange, vert. Il parait qu’ils ont développé un code pour que leurs boîtes à polluer circulent avec facilité, mais, vraiment, je crois que ça complique la circulation. Moi, tous les matins, j’ai vu des boîtes à polluer arrêtées. Le mardi je me suis fait écraser par une « Porsche » jaune. C’est aussi une boîte à polluer mais celle-là pollue encore plus. Heureusement que je ne me suis pas fait mal. Je crois qu’ils devraient faire plus attention.

 

J’ai trouvé assez particulière la manière dont les gens s’habillent et marchent. Ils ont tous le regard perdu. Leurs oreilles sont parfois reliées par des câbles à d’étranges appareils producteurs de lumière. Quand à leurs vêtements, on dirait que leur peau ne peut pas voir le soleil. Ils recouvrent tout leur corps, il y en a même qui couvrent leurs mains.

 J’ai aussi remarqué que leurs habits ont parfois un étrange dessin, des fois c’est un cheval avec un homme et un bâton, des fois un drapeau. Je ne sais pas ce que ça signifie mais, les gens qui portent ces signes sur eux ont l’air méchant.

 En définitive, les gens qui habitent ces pays ressemblent à des esprits vivants.

 Je suis rentré dans certains bâtiments. Il y en a où l’on mange, où l’on dort, mais  il y en a d’autres où il y a beaucoup de gens, où l’on échange des papiers contre des boîtes cylindriques contenant de la nourriture.

J’ai beaucoup cherché et j’ai aussi trouvé beaucoup de personnes intéressantes et de lieux excitants mais je n’ai  pas trouvé de forêt comme la nôtre, ni même plus petite.

 L’horizon est recouvert de hauts bâtiments, de boîtes à polluer … Le ciel est gris et la mer est noire.

 J’ai envie de revenir. Je vous apporte quelques objets qui vous plairont et aussi un médicament pour maman.

 

                                                                      Yanom Imonay

David Peiró  4ème 5

 


        18 février 2010 Barcelone

    Pour les sages du peuple, le chef de la tribu

 

     Le jour où mon bateau toucha terre, je vis que ceci était un lieu étrange, énorme, plein de personnes et d'objets que je n'avais jamais vus. Un jeune homme me conduisit le long d'un large chemin qui était parcouru par des choses qui ici étaient appelées "voitures". Dans cette visite à Barcelone, j'ai vu des choses que m'ont émerveillé, comme des constructions partout qui avaient la taille de six éléphants, des montres qui avalaient les gens… En plus, ces personnes n'opposaient pas de résistance au monstre! J'ai trouvé ça très étrange. Après lui avoir posé mille questions sans le laisser parler, mon guide m'a dit qu’à Barcelone on appelait ceci « transport métropolitain ». J'ai fait comme si j'avais compris mais beaucoup de questions traversaient encore ma tête.

    Après m'être calmé, Joan (c'était le nom de mon guide qui comme tout ici devait être étrange) m'a conduit à une petite caverne où on échangeait de la peau avec des petites pièces que les gens collectionnaient. Il y en avait de couleurs argentées, de couleur marron, des grandes, des petites, et les habitants de ce pays semblaient avoir un désir spécial d'avoir beaucoup de ces pièces.

       Je pense que cette nuit là a été celle où j'ai dormi le mieux dans toute ma vie. Seulement comparer les choses où dorment ces gens au dur et humide sol où nous passons la nuit… J'ai pensé qu'il faut en apporter deux ou trois pour la tribu. Un autre jour dans la grande ville,  mon guide a décidé d'aller se promener sur "las Ramblas" où juste arrivé on peut observer que cette rue est TOUTE PLEINE DE TOURISTES!!! Je n'ai pas osé parcourir cette jungle de personnes et on a traversé la rue sur les latéraux. Ceci ne m'a pas empêché de voir de nombreuses boutiques où j'ai vu qu’on gardait des animaux dans des espèces de boites métalliques; je n'ai pas compris ceci. J'ai aussi observé que quelques personnes restaient à regarder des gens avec la peau coloriée qui, après avoir reçu une pièce du public, commençaient à faire des singeries et des choses étranges. Plus tard on a visité un lieu plein de poissons mais il y a une chose qui, comme tout dans cette ville, m'a semblé très étrange: tous ces poissons étaient en dehors de la mer! J'ai continué à observer ces espèces qu'on n’arrive jamais à voir dans la forêt amazonienne.

        La nuit après ce jour j'ai sursauté en entendant des espèces de coups secs qui faisaient un bruit terrible. Le lendemain matin Joan m'a raconté que ces explosions n'étaient que des pétards que les gens faisaient exploser chaque année pour célébrer une fête qui s'appelle «  Sant Jordi ».

       Il ne reste plus que deux jours pour mon retour et je pense que j'arriverai avant la lettre mais quand elle tombera dans la boite à lettre du village on aura quand même un souvenir de la vie des autres personnes, ceux qui vivent dans des grandes constructions, qui se déplacent dans des monstres qui avalent les gens et qui vivent tous dans une ville très différente à la nôtre.

                                       

Haritz Salvadó,   4ème 5

 


                                                                              Barcelona, 1 janvier 2010

       Grand Ours blanc à Loune et aux autres anciens de la tribu,

                               Chers anciens de la tribu,

     Je me suis bien installé à Barcelone, et j’ai commencé à la visiter.

     Pour les Barcelonais, la nature n’existe pas. Ils méprisent les arbres, même les plus vieux et sages, en les coupant, en les tuant. Je pense que quand vous lirez ma lettre les Barcelonais ne trouveront plus rien à couper, il n’y aura pas une seule racine d’arbre. Je ne le comprends point. Ici, la seule chose que j’ai vue c’est des énormes montagnes plutôt étranges construites avec un matériel que je n’aurai jamais su trouver. Selon eux, ce sont des maisons, pour y vivre. Vous imaginez ? Vivre dans d’énormes blocs peints, sans végétation ? Ça serait absurde.

     Revenant à mes découvertes, j’ai entendu parler d’un « supermarché ». Selon les Barcelonais, on y trouve à manger. Tous les aliments sont enveloppés par une sorte de protection transparente qu’ils appellent plastique. Personnellement, ça me dégoûte. Les seuls aliments qui m’ont semblé naturels ont été les fruits.

    Une de ces journées, j’ai découvert une tradition des espagnols qui m’a plutôt surpris. Ces jours ils célébraient une fête nommée Noël. La légende de cette fête est la suivante : un vieux monsieur appelé Père Noël apporte le jour de Noël des cadeaux aux petits enfants s’ils se comportent correctement. Mais ce n’est point cela qui m’a surpris !

Tous les pays ont des cultures et traditions différentes, donc, c’est tout à fait normal. Ce qui m’a surpris c’est que les parents des petits enfants rentraient dans des énormes magasins pleins de jouets étranges en plastique, le matériel dont je vous ai parlé.

Ils ne fabriquent pas eux-mêmes ces jouets. Ils vont simplement les acheter, sans se déranger. Nous, nous sommes si différents… Nous, nous fabriquons des jouets avec de la peau des animaux, ou avec des bâtons… En plus les enfants espagnols demandent tout. Ils crient et pleurent si leurs parents ne leur achètent pas ce qu’ils désirent.

   Ah, mais tout ça, les aliments, les jouets… ce n’est pas gratuit ! Avec une anecdote vous aller le comprendre mieux. Un matin, lorsque je me promenais dans un parc, une espèce de bois fermé, j’ai aperçu un homme en train de courir avec un sac plein de papiers de couleurs. Il est passé tout près de moi, et j’ai vu que ces papiers portaient des numéros écrits. Une femme courait derrière l’homme, en criant. Il lui avait volé « l’argent ». Les Espagnols, et d’ailleurs, tous les Européens, que je sache, paient les aliments et les jouets avec de l’argent. Avec des monnaies ou des billets. Les monnaies sont des petites pierres en fer et les billets des papiers avec des numéros écrits dessus. Et pour eux, c’est la meilleure chose du monde.

    La manière des Barcelonais de se déplacer c’est avec des caisses avec des roues qui avancent très rapidement. Ceci vous paraîtra peut-être pratique, mais, même si c’est un bon moyen pour se déplacer, il ne l’est pas pour respirer. Dans l’air on ne sent pas l’air frais de notre forêt, mais une étrange fumée qui, arrivée à mes poumons, me fait tousser.

Je n’ai pas su se que cela était mais je suis convaincu d’une seule chose : cette fumée n’est  bonne ni pour l’environnement ni pour la santé.

    Nous, de la tribu des Yanomamis, respectons mère nature, tout au contraire d’eux. Les espagnols se croient supérieurs à nous. En technologie oui, mais pas en respect envers l’environnement.

    Ces hommes et femmes qui nous considèrent peu civilisés détruisent les arbres et la nature en se détruisant eux-mêmes.

Julia Ripoll, 4ème 5


 

                 Mes chers amis Yanomamis,

 

     J'ai l'obligation de vous raconter tout ce que j'observe de cette culture si différente ...

    L'une des choses que m'a le plus surpris, c'est les dessins et perforations que ces gens se font dans sur la peau... Ne pensez pas qu'elles sont comme les nôtres, au nom de la Déesse Dehnat! Leur motif s'appelle « La Mode ». Je suis incapable de comprendre cette raison. Ce que l'on m'a dit c'est que « La Mode » varie en fonction de l'année. Mais, pourquoi varie-t-elle ? La Mode est une étoile filante pour eux, car tout est en relation avec cela : ils s'habillent en fonction de La Mode, ils écoutent de la musique en fonction de La Mode...

    Dans cette ville, tout le monde est pressé. (Heureusement, cela n'est pas à cause de La Mode!) Les habitants courent dans les rues comme un lapin après une carotte. Ils courent même pour rentrer chez eux. Ils n'habitent pas dans des cabanes ! Chez eux, tout est automatique : appuyant sur « l'interrupteur  » le soleil les illumine ! Quand ils ont soif, ils ouvrent le

« robinet » ! Ils ont tout ce qu'ils désirent ; ils peuvent même parler à distance avec des « portables ». Les enfants de cette société vont à l'école au lieu de travailler. L'école est un endroit où les enfants apprennent des choses inutiles. Dans quelques écoles, les enfants font des prières pour avoir de bonnes notes (on ne m'a pas expliqué ce que c'est que cela.)

    À Barcelone, le plus important n'est pas d'apprendre de la nature, ni de prier pour la  famille, ni de respecter la savane, ni d'être admiré pour la capacité de faire un bon feu ou un bon abri.

    Mes chers amis, le « chef » de la culture européenne est la personne la plus riche, qui a un métier où on lui donne le plus d'argent et le plus de popularité. Ne changeons pas, car ces personnes qui ont autant de piercings que si elles étaient des feuilles mangées par de vers de terre, autant de tatouages que si elles  étaient les totems de nos voisins indiens, marchent aussi pressées qu’un oiseau cherchant un nid pour ses œufs. Dans le futur, leur société sera démolie comme un château de sable entraîné par les vagues sur une plage.

 

    Votre chef, avec le désir de vous revoir,

 

                                       Tudeh.

 

 

Cristina Artero, 4ème 5