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BEL-AMI réécritures de Maupassant, 2d

 Laurine, la fille de Clotilde de Marelle, est maintenant  une jeune femme. Elle décide de ne jamais se marier. Dans une lettre à une amie, elle explique les raisons de ce choix.Travail fait en classe en deux heures après une lecture cursive de l'oeuvre de Maupassant et  une heure d'échanges sur le roman. Les élèves pouvaient disposer du texte.


AUTEURS   (2d 2) :

Alejandra Lacalle
Lucille Descazaux



 27 octobre 1884,

 10 rue Saint-Lazare

 

 

 

                           Chère amie Catherine,

 

 

      Ne t’inquiète point pour moi.

   Ma décision d’être célibataire, je pense l’avoir déjà prise inconsciemment dès que j’étais petite. Pour me justifier, j’aimerais te raconter toutes les raisons que j’ai  pour vouloir être célibataire éternellement.

   La vie à Paris m’a toujours fascinée avec les fêtes, les promenades aux Champs Élysées et les dîners chez moi. J’avais une énorme adoration pour les  dames de la haute société qui portaient des bijoux et de belles robes, comme ma mère, et je les imitais en me comportant comme elles.

   Je ne voyais presque jamais mon père, qui venait huit jours par an à Paris. Cela a fait que j’ai seulement connu l’influence maternelle. Ce manque de figure paternelle m’a créé une impression d’abandon de la part des hommes, jusqu'à ma rencontre avec Bel-Ami. Il était le plus « Bel » homme que j’avais vu : l’élégance qu’il avait en marchant, ses beaux yeux qui surveillaient tout et sa moustache frisée vers le haut le rendaient irrésistible pour toute femme.

C’était pour moi comme le prince de mes contes de fées, et j’avais dès le début accepté qu’il soit mon «  ami ». Je n’avais jamais  voulu auparavant qu’un homme, même les hommes amis de maman qui venaient parfois chez nous, me donne un baiser. Mais il m’avait ensorcelée, et pour moi il était le père toujours désiré, le père qui jouerait avec moi au chat-perché, et qui parlerait avec moi de thèmes importants…

    Mais, après quelques visites, il ne revint plus. J’espérais et j’attendais Bel-Ami avec l’espérance de le revoir ; mais après quelques mois, ma mère m’informa du mariage entre Bel-Ami et Mme Forestier. Tu ne sais pas à quel point cette nouvelle me bouleversa intérieurement ! L’image du père, de l’ami que j’avais mentalement reliée avec Bel-Ami avait disparu d’un seul coup et je me sentais abandonnée une deuxième fois, orpheline de père. Mes sentiments se transformèrent en une  haine absolue envers cet homme, qui m’avait trahie.

   Dès cet instant, les hommes furent des ennemis pour moi. Je ne pouvais plus voir Bel-Ami, et dès que je le voyais, je m’enfuyais ou me cachais dans ma chambre. Bel-Ami, Bel-Ami… quelle mauvaise image des hommes tu m’as donnée ! C’est moi qui, en lui ouvrant mon cœur, l’avais baptisé ainsi. Et ce qui va bien te choquer, Catherine, c’est que l’homme dont je te parle est notre cher premier ministre, oui ! Monsieur Du Roy de Cantel, marié avec Mademoiselle Suzanne Walter.

    La société l’a complètement transformé en l’homme le plus ambitieux du monde. Mais rappelle-toi que c’est moi qui ai pris cette décision, et maintenant que j’ai grandi, je ne le considère pas comme coupable.

   J’espère qu’avec cette lettre tu as pu comprendre la raison pour laquelle j’aime vivre seule.

   Ne t’en fais pas pour moi,

 

                         Affectueusement,

 

                                                           Ton amie Laurine

 

 

                                             Alejandra   Lacalle,  2d 2


 

                               A Paris, le 29 janvier 1899

 

 

Ma chère Constance,

 

J’ai appris ton inquiétude au sujet de ma décision, c’est pourquoi je m’empresse de t’écrire et de te faire part des raisons pour lesquelles je préfère rester célibataire.

Ce choix est basé sur mon enfance, mon milieu social étant, à cette époque-là, le monde des adultes, riches et arrivistes.  Enfant, je me faisais percevoir comme une personne sensée, discrète, toujours avec mon air grave et sérieux. Cela me donnait même une allure de femme-enfant.  Avec discrétion, je restais attentive aux conversations des adultes et j’arrivais à comprendre leur monde.

         Un jour, une rencontre m’emporta vers un sentiment que je n’avais jamais connu, un sentiment insensé pour mon jeune âge. J’étais tombée amoureuse d’un homme, et pas n’importe lequel. C’était un des amis intimes de ma mère et de  tout son entourage, “Bel-Ami”, c’est comme cela que je le surnommai. Je désirais lui montrer l’affection que je lui portais. Je me laissais apprivoiser, chose que je ne faisais pas habituellement. J’ai encore le souvenir de notre première rencontre. Il m’avait paru si charmant, si aimable…Plus tard, je sentais une petite complicité entre nous. Puis, au fil du temps, ayant une vue extérieure sur lui et les autres adultes, dont ma mère, je discernais les démarches de cet homme.

       Certes c’était un homme charmant, mais dissimulant son appétit. J’observais ses manipulations, j’analysais tous ses faits et gestes par rapport à son entourage. N’étant pas si naïve que je le paraissais, je voyais bien que ma mère était en réalité son amante. Il essayait souvent de lui cacher ses ambitions, ou même ses actes, souvent en rapport avec des femmes. Il se maria plusieurs fois avec différentes femmes, ce qui fâchait ma mère, et moi-même. Par analyse, je comprenais qu’il se mariait pour atteindre un but. Celui de la gloire et de  l’argent.

        J’ai longtemps réfléchi, et j’en ai conclu que ce monde n’est qu’un monde d’arrivistes, dissimulant toutes sortes de pensées. Il n’était pas le seul à vouloir agir de telle manière. Tous les adultes pensaient et agissaient de façon identique.

       Mais il était le plus fort, le plus habile, prêt à tout pour arriver à ses buts.  Il faut être sacrément rusé au milieu d’une telle foule, car le plus fort gagne.  Il ne faut pas se laisser influencer par son rival. J’ai décidé alors de ne pas m’engouffrer dans ce monde de tromperies…

                       Je t’embrasse,

                                                    Laurine

 

 

 

 

Lucille Descazaux,  2º2