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à ÉMILE ZOLA lettre

LETTRE À ÉMILE ZOLA

                        


                         Estimé M. Zola,

 

 

Je suis Clara Lucas, une élève du Lycée Français de Madrid. J´ai lu votre dernière oeuvre: Germinal. D´abord je me vois obligée de vous dire que je trouve le roman magnifique et très réaliste.

D´ailleurs il m´a aidée à comprendre les misérables conditions de vie des mineurs, qui jusqu´à présent m´étaient inconnues.

L´histoire et les liens entre les personnages sont très bien traités, spécialement l´amour entre Catherine et Étienne, interdit par l´obsession de Chaval.

Je trouve très intelligent de faire ressortir cet amour à la fin du livre, où on pense qu´ils vont mourir.

C´est à ce propos que je vous écris. Quand je lisais cette partie du livre, là où après s´être confessé leur amour, Étienne tient Catherine dans ses bras, je pensais qu´elle allait s´en sortir, je croyais qu´elle n´allait pas mourir. Mais vous avez préféré les immobiliser dans la mine après un accident provoqué et que seulement l´un des deux survive. Vous avez laissé mourir Catherine d´épuisement et de faim.

Catherine nous est décrite pendant tout le livre comme une personne qui fait tout de bon coeur, qui aide sa famille et qui travaille sans se plaindre. Je considère une injustice qu´elle soit morte. Pourquoi ne pas avoir tué Jeanlin qui mangeait du pain quand sa famille crevait de faim?

Bien que la souffrance des personnages soit une des caractéristiques du roman réaliste, je ne comprends pas pourquoi il faut atteindre la mort.

Si vous ne vouliez pas une fin heureuse, n´aurait-il pas été moins triste d´avoir fait sortir Étienne et Catherine vivants et d´avoir fait partir Étienne à Paris?

Il est vrai que commencer leur amour à la fin est un effet qui nous fait sentir encore plus la mort de Catherine.

D´après leur travail dans les mines, on a vu que Catherine a plus de résistance qu´Étienne, mais pour vous l´important était qu´Étienne reste vivant, bien que physiquement Catherine aurait dû vivre.

Avez-vous tué l´ignorante et laissé vivre le “cultivé”?

Mon opinion est que Catherine, après être passée par tous ces malheurs, méritait d´être sauvée. Pour aider sa mère, qui maintenant est seule, pour avoir été une si bonne personne avec tout le monde et parce que finalement elle aimait pour de vrai quelqu´un qui était prêt à l´aimer aussi.

Pour toutes ces raisons je vous demande de réécrire la fin de Germinal, et de ne pas faire mourir Catherine parce qu´il y a déjà assez de morts dans le livre.

J´espère pour de vrai que vous lirez ma lettre comme un conseil ou comme une opinion au lieu d´une critique.

J´attends avec impatience votre prochaine publication.

 

Cordialement,

                                               Clara Lucas

 

          Clara Lucas, 2d 6, 2005-2006, Madrid