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ENCYCLOPÉDIE pastiches


 Portrait of Denis Diderot (1713-84) 1767 Framed Art Print by Louis-Michel van Loo

                                                                           portrait de Denis Diderot

RÉFUGIÉS

    C'est ainsi que l'on nomme les protestants français que la révocation de l'Edit de Nantes a forcés de sortir de France, et de chercher un asile dans les pays étrangers, afin de se soustraire aux persécutions qu'un zèle aveugle et inconsidéré leur faisait éprouver dans leur patrie. Depuis ce temps, la France s'est vue privée d'un grand nombre de citoyens qui ont porté à ses ennemis des arts, des talents et des ressources dont ils ont souvent usé contre elle. Il n'est point de bon Français qui ne gémisse depuis longtemps de la plaie profonde causée au royaume par la perte de tant de sujets utiles. Cependant, à la honte de notre siècle, il s'est trouvé de nos jours des hommes assez aveugles ou assez impudents pour justifier aux yeux de la politique et de la raison la plus funeste démarche qu'ait jamais pu entreprendre le conseil d'un souverain. Louis XIV, en persécutant les protestants, a privé son royaume de près d'un million d'hommes industrieux qu'il a sacrifiés aux vues intéressées et ambitieuses de quelques mauvais citoyens qui sont les ennemis de toute liberté de penser, parce qu'ils ne peuvent régner qu'à l'ombre de l'ignorance. L'esprit persécuteur devrait être réprimé par tout gouvernement éclairé: si l'on punissait les perturbateurs qui veulent sans cesse troubler les consciences de leurs concitoyens lorsqu'ils différent dans leurs opinions, on verrait toutes les sectes vivre dans une parfaite harmonie et fournir à l'envi des citoyens utiles à la patrie et fidèles à leur prince.

                                                                                             

   

                                  (anonyme)


ENCYCLOPÉDIE  2002

 

 

EXILÉS : (Hist.mod.polit.). C’est ainsi que l’on  nomme les Uruguayens que les militaires ont forcés à quitter leur patrie, et à chercher un asile dans les pays étrangers, afin que ces personnes ne répandissent pas leurs idées pour changer la situation du pays. Depuis ce temps là, l’Uruguay s’est vu privé d’un grand nombre de citoyens qui ont porté aux autres patries d’énormes capacités, et des ressources qui auraient pu améliorer l’économie de leur pays. Il n’est point de bon Uruguayen qui n’exprime sa peine, sa douleur, depuis le début de la dictature, des conséquences horribles causées à ce petit pays d’Amérique latine par la perte de tant de personnes intellectuelles et utiles. Cependant, à la honte de notre siècle, il s´est trouvé de nos jours des hommes assez aveugles ou assez impudents pour justifier aux yeux de la souffrance et la raison, la plus horrible mesure autoritaire qu’ait jamais pu entreprendre le gouvernement d’une république. Les militaires, en expulsant, torturant et parfois assassinant les hommes qui étaient contre ces privations de libertés, ont privé leur pays de milliers d’hommes talentueux qu’ils ont expulsés  selon les vues intéressées et ambitieuses des mauvais politiciens, qui sont les ennemis de toute liberté de penser, parce qu’ils ne peuvent gouverner qu’avec le totalitarisme. L’esprit dictatorial devrait être réprimé par tout gouvernement normal : si l’on punissait les fascistes qui veulent sans cesse imposer leurs idées au peuple, on verrait tout le peuple vivre en liberté, dans une parfaite harmonie,  aimant sa patrie.

Tatiana Magariños, 1ère L, 2002

Montevideo, 2004
photo: Geneviève Sénéchal