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WILHEM REICH pastiches

Écoute, petit homme !

 

     Tu meurs de faim par millions, petit Indien, mais tu continues à te disputer avec les Musulmans à propos de la sainteté des vaches. Tu te promènes en loques, petit Italien, petit Yougoslave de Trieste, mais ton seul souci est de savoir si Trieste est « italienne » ou « yougoslave ». Je croyais que Trieste était un port accueillant les bateaux du monde entier.
   Tu pends les hitlériens parce qu’ils ont assassiné des millions des gens. Mais qu’as-tu fait avant que ces assassinats ne s’accomplissent ? La vue de quelques douzaines de cadavres ne t’émeut pas. En faut-il des millions pour que tes sentiments humanitaires s’éveillent ?
    Chacune de ces défaillances révèle la grande misère de l’animal humain. Tu dis : « Pourquoi prendre tout ça au tragique ? Est-ce que tu te sens responsable de tous ces maux ? »
     En parlant ainsi, tu te condamnes toi-même. Si tu assumais seulement une fraction de la responsabilité qui t’incombe, le monde ne serait pas ce qu’il est, et tu ne tuerais pas tes grands amis par tes petites bassesses.
     C’est parce que tu rejettes ta responsabilité que ta maison est construite sur du sable.

                                                                                                                   Wilhem Reich (1945)


 

PETIT PRIVILÉGIÉ

 

 

 


Tu parles de paix et fraternité, petit bourgeois, mais tu gardes capricieusement tous tes biens. Tu dénonces les inégalités, petit manifestant, mais tu ne veux pas voir celles qui s’accomplissent devant tes yeux.

 

Tu te réfugies dans ta petite vie paisible en attendant que les autres fassent quelque chose, mais…quels autres? Tu suis la société comme un mouton condamné, craignant de te rebeller, petit lâche ! Tu critiques les politiciens mais tu les laisses faire. Tu suis les yeux fermés une église hypocrite qui d’abord  reçoit en souriant et qui garde dans sa poche les rêves des hommes dès qu’ils  tournent le dos.

 

Cette fois l’intention ne te sauvera pas : seuls les faits comptent. Si chacun mettait son petit grain de sable, des millions de vies pourraient être sauvées. Est- ce un effort trop important que de donner un petite partie de ce qu’on a ? Tu es le seul à pouvoir les aider.

 

 

 

                                   Siena Torroja, 2d6