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L'ÉTRANGER de CAMUS réécritures

AUTOUR DE L’ ÉTRANGER  d’Albert Camus

 

RÉÉCRITURE DE LA FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE (dernier paragraphe du chapitre 6, scène du meurtre) en commençant comme Camus par « J’ai pensé que je n’avais qu’un demi-tour à faire et ce serait fini. Mais…. »

 

 TEXTES ET AUTEURS (classe de 2d 6)

«Mais si je retournais chez Masson, les femmes…»                     Ángel Suñer

«Mais en réfléchissant un moment je me suis aperçu…»              Cristina Lapuerta

«Mais j’étais là. Le soleil sur mon visage me brûlait… »              Almudena Huete

4  «Mais j’étais sur une plage, si belle, avec tant de soleil… »         Yasmina Garrido

5  «Mais j’ai vu une petite dame portant des lunettes de soleil…»    Pierre Juret

«Or j’étais sur la plage, à côté de la mer…»                                Álvaro García

 

7 Bilbo Lázaro, 2d 6

8 Daniel Sánchez, 2d 6

9 Nour Chakor, 2d 6

10 Marina Caballero, 2d 6

 


« J´ai pensé que je n´avais qu´un demi-tour à faire et ce serait fini. Mais…»

 Mais si je retournais chez Masson, les femmes me poseraient des questions sur la bagarre et je n´avais pas envie de répondre. J´ai décidé alors de continuer mon chemin vers nulle part, et de faire comme si l’Arabe n´était pas là, mais je n´y arrivais pas.

Pendant quelques secondes, l´idée de retourner chez Masson est rentrée dans ma tête, puis quand je m´en suis rendu compte, j´avais encore fait quelques pas vers l´Arabe. Pour m´éloigner un peu, j´ai décidé de mettre les pieds dans la mer et de continuer à marcher.  En plus, il faisait une chaleur énorme,  qui m´écrasait contre le sable, comme le jour où j´avais enterré maman ; mais là-bas, à Marengo, le soleil m´écrasait contre le goudron de la route.

En jetant un coup d´œil vers l’Arabe, je me suis aperçu qu´il avait quelque chose dans sa main. Mais j´étais toujours trop loin pour savoir ce que c´était, et pour moi cela n´avait aucune importance. Je croyais que c´était une plume ou un plumier, quelque chose de ce type. Quand j´étais plus proche, j´ai vu que ce qu´avait l’Arabe était un couteau. Je supposais que c´était le même avec lequel il avait blessé Raymond. Le soleil brûlait plus qu´avant. Quand j´étais en face de l’Arabe, il s’est  mis debout et c´est à ce moment que la lumière a glissé  sur l´acier, et m’a aveuglé pendant quelques secondes. Je commençais à avoir mal à la tête.

Ma main s´est introduite dans ma poche, j´ai sorti le revolver et j´ai mis le doigt sur la gâchette. Elle a cédé. J´ai fait beaucoup de bruit. L’Arabe était jeté dans le sable. J´ai encore tiré sur ce cadavre.

Quelques minutes après j’ai été arrêté.   

  
Angel Suñer, 2d 6, 2004-2005, Madrid

 

 


 
« J’ai pensé que je n’avais qu’un demi-tour à faire et ce serait fini. Mais… »

Mais en réfléchissant un moment, je me suis aperçu que le fait de m’approcher de l’Arabe ne serait pas la meilleure option et qu’il valait mieux rejoindre mes compagnons et laisser les choses comme elles étaient.

Le soleil s’amassait dans ma tête en m’ordonnant de m’éloigner de mon opposant, le même soleil qui m’avait déjà fait sentir le sang aux tempes dans d’autres occasions. Pour ne pas casser la monotonie et le silence de cette plage, sur laquelle le soleil tapait plus fort qu’ à aucun moment de la journée, j’ai commencé à marcher d’un pas décidé vers mon destin.

L’éclatante blancheur du sable qui attendait mon passage  m’a, d’une certaine façon, encouragé à regagner le cabanon. Soudain j’ai vu apparaître une ombre à la hauteur de mes pieds, qui étaient déjà enfoncés dans le sable. J’ai tourné lentement la tête pour finalement apercevoir une silhouette robuste qui s’approchait de plus en plus vite. C’était l’Arabe.Tous mes efforts pour regagner le cabanon, malgré le dégoût que j’avais pour les pleurs des femmes, ont étés brisés au contact de ma main avec le froid métal du revolver. Je devais en finir avec cette affaire le plus tôt possible. L’inconnu avait tiré de sa poche une espèce de couteau, qui, avec un rayon de soleil, m’a aveuglé de telle sorte que je ne pouvais plus rien voir. Il a commencé à dire des choses qui se diffusaient dans la chaleur et dont je ne pouvais  tirer une seule parole. Sans lâcher l’arme, je me suis servi de mon bras pour me débarrasser de la sueur qui envahissait mon visage, laissant ainsi l’arme à découvert. L’Arabe a fait un pas en arrière avec un geste de stupeur.

Derrière lui, un autre Arabe est apparu, tenant un fusil à la main. Les deux Arabes criaient sur un ton de haine et de peur. Sans que j’aie eu le temps de réagir, mon arme fumait déjà, ayant lâché une énorme détonation. L’'Arabe soutenant le couteau s’est affaissé. L’autre, qui restait debout, est demeuré quelques secondes immobile puis a tiré un coup qui m’a atteint à la jambe .Soudain, j’ai vu que tout ressemblait à une espèce de nuage et un étrange froid a envahi mon esprit .Une voix connue poussait des cris, c’était Raymond. J’ai compris alors que j’étais aux portes du malheur.

Cristina Lapuerta, 2d 6,  2004-2005, Madrid          


                                                                                                  
"J´ai pensé que je n´avais qu´un demi-tour à faire et ce serait fini. Mais... "

 
         Mais j´étais là. Le soleil sur mon visage me brûlait, la sueur ne me laissait pas voir, je ne pouvais pas bouger, ni penser. J´aurais pu m´en aller, mais mon corps ne bougeait pas. L'Arabe, à quelques mètres de moi, me souriait avec un regard froid, malicieux, sûr de lui-même. On sentait son désir de vengeance et de sang.

Soudain j´ai entendu un cri, je me suis retourné. Marie criait mon nom. J´ai senti quelques gouttes qui coulaient sur mon visage quand quelque chose a frappé ma tête. Je suis tombé sur le sable et l´Arabe continuait à rire, de toutes ses forces, pendant que j´essayais comme je le pouvais de m´éloigner du dangereux couteau qui me caressait la gorge avec un reflet blanc, reflet du soleil qui nous brûlait sans pitié.

J’ai tourné sur le sable, l´Arabe contre moi, essayant de me défendre. Il était très fort. J´entendais les cris de Marie. Elle criait mon nom. Au début je l´entendais clairement mais peu à peu ses cris se sont  transformés en  bruit, puis en silence. Je ne savais pas si  elle ne criait plus ou bien si c´était moi qui avait perdu la notion du temps.

Soudain, un coup de feu, puis à nouveau le silence. L´Arabe ne bougeait plus, ne respirait plus. Il était sur moi, je l´ai enlevé avec de gros efforts et je me suis levé. Mon pantalon et ma chemise, tout était plein de sang. À quelques pas, Marie, avec un geste d´horreur et d´incrédulité. Pendant la bagarre, mon revolver était tombé et c´est Marie qui l´avait pris. Elle  a laissé tomber le revolver sur le sable, et un moment après, elle a commencé à reculer, en s´éloignant peu à peu, avec le même geste d´horreur. Elle me regardait de très loin quand la police est arrivée. Quelques heures après je dormais en prison.

 

On m´a interrogé une infinité de fois, mais rien de ce je disais n’était important. On m´avait trouvé à côté d´un Arabe mort, le revolver à quelques pas de moi, mon pantalon et ma chemise couverts de sang... Pour eux j´étais coupable.

Les jours, noirs et vides, se sont suivis jusqu´au jour de la sentence. Les minutes, des fois rapides, des fois lentes, passaient indifférentes à tout, au monde. Pendant le temps que j´ai passé en prison, je n´ai pas reçu de visites. Et le jour de mon jugement est arrivé.

J´étais assis, présent physiquement, mais ma tête était ailleurs. Je n´écoutais pas, j´entendais des voix, des mots qui parlaient de moi, mais je n´étais pas là. Sauf quand Marie est venue déclarer. J´ai fait l´effort d´écouter. Elle a dit que j´avais tiré sur l´Arabe, mais en légitime défense. Mais c´était inutile...J´étais l´accusé et j´étais coupable.

 
Almudena Huete,  2d 6, 2004-2005,  Madrid

 


« J´ai pensé que je n´avais qu´un demi-tour à faire et ce serait fini. Mais… »

Mais j´étais sur une plage, si belle, avec tant de soleil, où j´avais passé des moments heureux avec Marie. L´Arabe était derrière moi. Je pouvais parfaitement faire céder la gâchette et puis  ce serait fini, et que Raymond vive en paix. J´ai eu plusieurs fois cette tentation, mais je ne pouvais pas faire cela. J´étais inquiet, le soleil me frappait brutalement, l´Arabe était toujours derrière moi, il avait un couteau.
         Tout d´un coup, j’ai senti un coup dans mon dos. C´était comme un cauchemar. Maintenant, je ne me rappelle plus rien, uniquement ce terrible coup de poignard dans mon dos.
         Une semaine après, j´étais encore à l´hôpital. Tout autour de moi, se trouvaient Marie, Raymond, Masson  et Mme Masson. J´étais dans une semi-conscience. J´étais gravement blessé, ce coup avait atteint une partie de mon cœur, je pouvais difficilement respirer. Après cela, j´ai su que l’Arabe avait été arrêté le jour de cet incident et qu´il était alors en prison.
        J´étais furieux, enragé. Néanmoins mon agresseur était en prison. Mais j´avais une sensation  étrange qui se promenait dans mon corps. Maintenant j´avais envie de tuer cet « Arabe de merde ».

         Peu de jours après l´emprisonnement de l’Arabe, je suis allé à la prison. J´étais déguisé  et j´allais comme si je voulais lui rendre visite. À ce moment-là, quand j´ai eu rempli tous les papiers pour pouvoir le voir, je me suis présenté comme un ami lointain qu´il ne voyait plus depuis plusieurs années. Au moment où nous étions tous les deux insouciants, j´ai sorti mon pistolet et j´ai tiré quatre coups de pistolet derrière sa nuque.
         Je suis sorti tranquillement de prison. J´avais atteint mon objectif. Le lendemain matin, quand j´ai allumé la télévision, sur toutes les chaînes apparaissait « Le mystérieux meurtre de l’Arabe ». On cherchait l´auteur du crime.  

 

Yasmina Garrido, 2d 6, 2004-2005, Madrid




   “J’ai pensé que je n’avais qu’un demi-tour à faire et ce serait fini. Mais…. »

       Mais j’ai vu une petite dame portant des lunettes de soleil, et je me suis rendu compte que c’était la petite automate que j’avais rencontrée chez Céleste.

         J'y prêtais attention tout en marchant vers l’Arabe. Nous nous rapprochions de plus en plus jusqu'à arriver à une distance qui nous séparait d’à peu près dix mètres.

Le soleil me brûlait, mon front était en sueur et celle-ci me dégoulinait sur les yeux. Troublé par la sueur et le soleil, l’Arabe a fait un bref mouvement pour prendre son couteau et, d’un geste, j’ai empoigné le revolver de Raymond et j’ai tiré une balle entre ses deux yeux. Une fois le cadavre par terre, allongé sur le sable doré, d’un geste vif, j’ai jeté le revolver dans la mer puis je suis rentré chez Masson.

J’ai monté les escaliers et je m’apprêtais à sonner quand je me suis rendu compte que la porte avait été enfoncée. Tous étaient allongés sur le carrelage de la cuisine baignant dans un bain de sang. C’est à ce moment-là que j’ai embrassé Marie pour la dernière fois.

Les premières choses que j’ai ressenties étaient des cris de haine. J’ai pris le bus en direction du centre ville pour aller voir un vendeur d’armes que je connaissais depuis longtemps, pour acheter une kalachnikov de manière à me venger. Une fois rentré chez moi, je me suis allumé une cigarette tout en pensant à Marie.

Il faisait nuit, et soudain une pierre venait de heurter une vitre de ma terrasse. J’ai pris ma kalachnikov en descendant petit à petit les escaliers. Une fois arrivé en bas, il y avait une rangée d’au moins dix Arabes me fixant du regard, tous prêts à prendre leurs couteaux et à me sauter dessus. Mais au moment où j’ai sorti ma mitraillette, j'ai vu qu’ils commençaient à faiblir et d’un coup de haine je les ai tous tués. Ça a  été un  vrai massacre.

Tout d’un coup les sirènes de police ont retenti dans le rues d’Alger. Je me voyais sous la  guillotine en train de me faire décapiter devant des milliers de personnes. Et comme par magie, une petite voiture noire avec la petite automate au volant s’est arrêtée devant moi. Elle m’a crié de monter, et nous sommes partis assez rapidement,  suivis par la police. J’ai dit à la petite automate que ce n’était plus la peine d’essayer de fuir car la justice finit toujours par nous rattraper et immédiatement la petite automate a accéléré et a foncé droit dans un mur.                                                                                                                                     

 
Pierre Juret, 2d 6, 2004-2005, Madrid


   « J’ai pensé que je n’avais qu’un demi-tour à faire et ce serait fini. »

Or  j'étais sur la plage, à côté de la mer, je ne pouvais pas m’en aller sans prendre un bain. Alors, j’ai plongé dans l’eau. J’avais perdu totalement la notion du temps et quand j’ai voulu m’en rendre compte, l’Arabe s’était enfui comme la neige en été, aucune trace de lui. Donc je me suis habillé, j’ai pris mes chaussures et je suis parti voir Raymond.

   La chaleur était épouvantable, le bain n’avait servi à rien. J’avais mal dans tout le corps et je sentais que j’allais brûler. Au fur et à mesure que j’avançais la chaleur augmentait aussi. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai commencé à penser à plusieurs choses. Avais-je été un bon fils ? Pourquoi est-ce que papa avait abandonné maman ? Est-ce que Marie voulait de moi ?... Ces moments de réflexion  ont été brisés par l’apparition de l’Arabe.

   La situation avait changé totalement. Cette fois, je n’avais pas de revolver, mais lui en avait un. Je n’avais pas peur mais je ne voulais pas mourir, pas encore. Il était près, il allait appuyer sur la gâchette,  il n’aurait pas de pitié. Son doigt était prêt quand un coup de feu a retenti. L’Arabe s’est écroulé et derrière est apparue Marie avec un revolver.

   La police m’a interrogé. Je n´ai pas menti car ça n’aurait servi à rien. On a emmené Marie en prison. Les jours ont passé. J’allais lui rendre visite fréquemment et c’est  alors que je me suis rendu compte de quelque chose de très important. J’aimais Marie. C’était la première fois que je sentais cela.

   Le jour du jugement est arrivé et Marie a été déclarée coupable.

 

 

                                  Alvaro García, 2d 6, 2004-2005, Madrid